Biographie

Alix Aymé est née Alix Hava, le 21 mars 1894 à Marseille. Enfant, elle voyage avec ses parents en Méditerranée et accompagne sa mère en Martinique en 1907. En 1909, elle entre au conservatoire de musique de Toulouse. En 1916, elle séjourne dans un pensionnat en Angleterre puis gagne Paris et fait son apprentissage d’artiste auprès de Desvallière et surtout de son maître Maurice Denis, membre du groupe des Nabis.. Avec son amie Valentine Reyre, elle travaille aux ateliers d’Art Sacré de Maurice Denis et réalise de nombreux bois gravés pour illustrer plusieurs ouvrages.

En 1920, elle épouse Paul de Fautereau-Vassel, un professeur qui vient d’obtenir un poste à la mission franco-chinoise de Shanghai. Ils partent pour la Chine, puis s’établissent en 1921 à Hanoï où elle enseigne le dessin au Lycée technique de la ville. Parallèlement, elle envoie des œuvres en France qui seront exposées dans les salons et à l’exposition coloniale. En 1926, nait son premier fils Michel. Elle se sépare de son mari en 1928.

À la même époque, elle enchaîne plusieurs expositions à Hanoï et réalise de nombreux voyages en Asie. Elle illustre également par des bois gravés, le Livre de Job (éd. Scripta Manent) et Le diable par la queue de Cazotte (éd. Scripta Manent).  Expositions à Saigon (galerie Portal) et en France à la Société Coloniale des Artistes Français. Dans ces mêmes années, elle illustre  par 60 bois gravés les Contes et Légendes du Bouddhisme Chinois.

En 1929, elle est chargée par le gouvernement d’une mission de repérage au Laos en vue de préparer l’exposition de 1931. Elle est conquise par le charme du pays où elle exécute une quarantaine de toiles destinées à décorer le Pavillon du Laos à l’exposition coloniale. Résidant à Luang-Prabang, elle se lie d’amitié avec la famille royale. On lui attribue la charge de réaliser une vaste décoration (plus de 100 m2) pour la salle de réception du Palais Royal. Ces grandes toiles, illustrant la vie et les traditions de ce royaume, ont été partiellement restaurées entre 2002 et 2003 par Restaurateur Sans Frontières.

Elle voyage dans le Haut Laos et en Chine dans le Yunnan d’où elle ramènera de nombreux dessins et tableaux.  Au Japon, elle étudie l’art de la laque. À son retour au Vietnam, elle est nommée professeur au lycée Albert Sarraut, aux côtés d’Inguimberty, et sous la direction de Victor Tardieu. Elle enseigne la technique de la laque.

En 1931, elle épouse à Paris en deuxième noce le lieutenant-colonel Georges Aymé, frère de l’écrivain Marcel Aymé. Maurice Denis et Valentine Reyre sont ses témoins. Parallèlement, elle participe activement a l’exposition coloniale où ses œuvres sont exposées.

De retour en Asie, malgré son poste de professeur, elle voyage au Japon, au Cambodge et au Laos. Son travail s’ouvre à de nouvelles techniques telles l’eau forte, la peinture sur soie avec application d’or, l’aquarelle, l’encre noire, le sous-verre, la tempera, et la laque, qui sera une des passions du reste de sa vie. En 1933 nait son deuxième fils, François.

Elle reste en contact avec la France et envoie régulièrement des œuvres qui participent à divers salons (salon des artistes français, salon d’hiver, salon des décorateurs…) ou sont exposées dans des galeries. Elle réalise aussi des affiches et dessine et écrit les textes d’une série publiée pour les enfants dans le journal Pax Christi : "Paul et Kao au Laos". Elle séjourne en France  au début de la guerre en 1938, puis repart à Hanoï en mars 1940. Le général Aymé est nommé Commandant des troupes d’Indochine en 1944.  En 1945. Le fils d’Alix, Michel, 19 ans, est tué dans des circonstances tragiques.

Ils rentrent alors définitivement en France. Le général Aymé meurt en 1950.

Elle s'installe à Paris et partage son temps entre son atelier parisien, une maison dans un petit village de l'Oise et des voyages. Suivent la commande de grands panneaux de laque pour le paquebot transatlantique Antilles et de nombreuses expositions à Paris, en province, ainsi qu’au Maroc, en Italie et en Algérie. Elle réalise un chemin de croix en bois laqué pour la chapelle de Notre-Dame de la Délivrance à Douvres (Calvados). Elle décore l’appartement de Boa-Daï. Elle réalise de longs articles sur la technique de la laque dans le numéro spécial sur l’Indochine de la revue l’Illustration en 1949, et dans la revue Tropique en 1950. En 1954, elle réalise également de riches illustrations dans En parcourant l’Indochine.

Amie de Foujita et de la famille Saint-Exupéry, elle fréquente les milieux intellectuels, littéraires et artistiques parisiens où s’exprime son esprit ouvert, vif, libre et curieux. Elle continue à voyager sans jamais se séparer de ses carnets de croquis. En 1958 à 64 ans, Alix Aymé part au Congo pour un séjour de huit mois. Infatigable, créatrice, elle travaille le dessin et la laque jusqu’aux dans ses dernières années. 

Elle meurt près de Paris en juillet 1989,